Oubliez les vidéos insta (mais allez voir les miennes quand même).
Je vous donne 8 raisons pour lesquelles la poterie, ce n’est pas simple (mais ce n’est pas grave), n’hésitez pas à me dire ce qui vous a le plus freiné !
1. La poterie, c’est plusieurs disciplines en une
Les étapes du processus de fabrication d’une céramique sont toutes différentes les unes des autres, et elles varient en fonction du résultat attendu. Quand vous apprenez l’aquarelle, vous utilisez les mêmes outils, les mêmes processus à chaque étape et chaque nouvelle peinture. En cours de poterie, les gestes, outils et méthodes du tournage et du modelage sont déjà très différents. Et en modelage, on peut décider de rouler des colombins, étaler des plaques, ou de pincer… Ensuite il y aura le décor et ces multiples possibilités et techniques. Chacune de ces étapes est presque une discipline a part entière, avec ses étapes, outils, risques et plaisirs différents. Donc c’est long à apprendre. Mais c’est justement, à mon sens, ce qui fait l’intérêt de la discipline. Pas de routine, on n’aura sûrement pas assez d’une vie pour tout explorer. Ce n’est d’ailleurs sûrement pas l’objectif lorsqu’on prend des cours en loisir. Et on a le droit de ne pas aimer les colombins.
2. C’est comme apprendre à conduire
Apprendre la poterie et surtout le tour, je dis souvent que c’est comme apprendre à conduire ou à faire du vélo : vous devez gérer la vitesse et la mécanique du tour, penser à votre position (souvent pas très ergonomique !), vos appuis, vos gestes, tenir les outils, maitriser les pressions. Tout cela en même temps. Donc soyez cool avec vous-même. Vous allez rater, « gaspiller » de la terre (pas de souci on la recycle), faire des cendriers plutôt que le soliflore trop stylé que vous avez vu sur Pinterest… mais on va reprendre les étapes ensemble, je corrigerai peut-être un geste, une vitesse, une position. Comme dans un jeu vidéo, à force de pratique, vous allez débloquer des niveaux. Le centrage est laborieux au début, ça va danser, puis petit à petit vous allez sentir la terre se calmer sous vos mains. Vous ne vous attaquerez pas au boss de fin (la théiere ?) lors de votre premier cours. Mais que ce soit cela votre objectif, ou juste de vous amuser, je serai à vos côtés pour vous rappeler « les avants-bras – vitesse à fond – de l’eau! ». Et les autres élèves seront là aussi pour vous encourager et rire avec vous de vos flops, car on est tous.tes passé.e.s par là.
3. L’argile, c’est une matière naturelle
Et même quand elle sort d’une usine, l’argile reste un matériau sensible à la météo, aux tensions, à la gravité. Je suis là pour que vous sachiez ce que l’on peut ou pas faire à chaque stade de séchage de votre création. Je prends en compte la météo ou la température de l’atelier. Je vous apprends à faire la chasse aux futures fissures. Je radote « on veut du solide et moche d’abord, les finitions à la fin », je vous encourage à faire confiance au processus. Quand vous débutez, suivez mes pas à pas pour vous rapprocher du résultat attendu. Ou improvisez pour voir ce que cela va donner.
4. Votre temps est restreint
Vous avez réservé 2 heures ou 3 heures de cours, ou vous avez un forfait, un abonnement à l’année… Certaines personnes viennent pour l’expérience. D’autres pour le résultat, l’objet. La plupart un mix des deux. En fonction de cela, je vous conseille les techniques adaptées à votre niveau, vos attentes et au timing. Alors oui, on peut accélérer le temps avec le sèche-cheveux, ou l’arrêter avec un sac plastique. Mais il y a des étapes incompressibles. Et comprendre ce que l’on peut tenter ou non, à quel point on peut négocier avec la terre, cela se fait soit en totale confiance avec mes instructions (le plus simple/rapide), soit par l’expérience (le plus aléatoire/long). La première solution évite beaucoup de déceptions, mais la seconde vous donnera un goût de liberté et plus de compréhension du pourquoi de toutes ces étapes. A vous de voir !
5. Votre corps a des limites
Lors de vos premiers cours, vous allez vous rendre compte que vous êtes latéralisé.e (un côté plus fort et plus sensible que l’autre), que vous n’avez pas forcément la force, que vous ne sentez pas la pression, que vous aurez autant voire plus besoin du sens du toucher que de la vue, qu’il faudra parfois être délicat.e et d’autres fois user de la force. Comme au sport, c’est la répétition qui va aider à ajuster et adapter les gestes à ces limites. Lors d’un premier cours, on ne peut pas tout maîtriser : au tour on commence avec des balles terre de 400g maximum, en modelage on prend son temps, on se lève pour avoir plus de force, on s’étire et on pense à respirer.
6. Votre tête a ses limites aussi
A force de vous rencontrer, toutes et tous différents, j’apprends beaucoup sur les limites que vous avez, et celles que vous coltinez. Apprendre une nouvelle discipline, c’est courageux. Intellectuellement, c’est beaucoup de nouvelles informations à traiter et mémoriser. Du vocabulaire aussi. J’ai mes techniques d’enseignement qui vous permettront d’absorber toutes ces infos plus facilement et durablement. Et puis votre corps va aider votre tête : vous allez faire confiance à vos doigts, au ressenti tactile. Des automatismes vont se mettre en place au fil des séances. Pour reprendre l’image de la conduite, quand vous passez les vitesses en conduisant, je suis sûre que vous ne vous demandez plus sur quelle pédale appuyer ni avec quel pied : vos pieds bougent « tous seuls ». Ce sera le cas aussi pour la poterie.
Emotionnellement par contre, la poterie fait parfois ressortir des petites choses bien ancrées en vous : vous allez vous exposer à l’échec et au risque. Vous serez en chemin vers le lacher-prise. Et ce chemin n’est pas une ligne droite, croyez-moi ! Ce qui me touche le plus, c’est de voir évoluer l’estime que vous avez de vous : ou entendre, plus précisément. Au fil des séances, les étiquettes « je suis nulle/pas créative/maladroite/pas douée » se décollent et j’entends « oh je ne pensais pas y arriver / c’est pas si mal » puis en » wahou je suis fière de moi » ! Pas de recette miracle ni de promesse dans mes cours, c’est vraiment la répétition, l’écoute et les ressentis qui feront que vous prendrez confiance en vous et dans le fait que tout le monde peut s’améliorer ou trouver un domaine qui lui convient. Rien n’est gravé dans le marbre.
7. Vous prenez un cours collectif
La différence avec un cours particulier (que je donne sur rdv avec plaisir), c’est qu’il va falloir attendre son tour quand vous aurez besoin d’aide ou de savoir la suite des étapes. Certain.e.s élèves en profitent pour expérimenter/improviser en attendant que je sois disponible. Je suis là pour vous guider mais je ne pourrai pas avoir un oeil sur tout. Mais je serai là pour vous aider et trouver des solutions en cas de problème. J’ai moi aussi mes limites (dont celle de ne pas pouvoir donner 10 cours particuliers en même temps et d’oublier ce que j’étais en train de faire si on m’interrompt en route). Mais vous allez faire connaissance avec moi et les autres élèves. Vous pourrez échanger sur vos envies, techniques, inspirations. Vous prendrez du recul ensemble sur les aléas de la poterie. Si vous venez régulièrement, vous évoluerez ensemble.
8. Le résultat n’est ni immédiat, ni garanti
Après votre cours, il reste les étapes du séchage, des cuissons et de l’émaillage. Les couleurs que vous avez posées (engobes) ne sont pas définitives, des fissures peuvent apparaître pendant le séchage ou la cuisson, selon le soin que vous aurez apporté à vos créations. Vous ne savez pas encore quels défauts vont se voir ou pas. Je vous guide pour vous approcher de votre objectif et je surveille les pièces que vous me confiez. Entre ma formation professionnelle et mes centaines de cuissons depuis plus de 10 ans, et sûrement des milliers de pièces d’élèves depuis 2022, vos oeuvres sont entre de bonnes mains. Mais à chaque cuisson, il peut y avoir des surprises, pour les élèves, comme pour les potières expérimentées, je vous rassure.
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Je suis là pour faciliter tout cela : mes chorégraphies au tour, mon œil attentif aux mauvaises positions, mes astuces pour rattraper les accidents, mes consignes pour éviter les fissures pendant le séchage et la cuisson, pour avoir le meilleur résultat au décor. Quand je vous connais un peu, j’adapte la méthode conseillée à ce que je connais de votre corps et de votre tête, de l’argile et de la météo.
Et spoiler alert je suis humaine et moi aussi j’ai mes limites. Je sais qu’on a grandi avec l’idée qu’un.e prof sait tout et l’élève bête est discipliné fait ce que le prof lui dit : ce n’est pas 100% vrai, je sais et j’ai l’expérience de plein de choses, j’ai des techniques pour transmettre mais je suis confrontée aux mêmes limites que vous. Je n’ai pas peur de dire que je ne sais pas, de faire des erreurs et de les réparer, de prendre le temps de vous connaître. Moi aussi je me mets la pression pour faire en sorte que vous passiez un bon moment, que vous progressiez, que vous produisiez des objets dont vous êtes fier.e.s.
Voilà, dites-moi en commentaire ce que vous avez trouvé de plus dur dans vos premiers cours de poterie. Je suis curieuse de savoir à quel point ces difficultés sont contrebalancées (ou non) par les plaisirs de la poterie. Avez-vous laissé tomber certaines techniques (ok, les colombins ?!) pour vous concentrer sur ce qui vous plait le plus ? Et le tour, à partir de combien de séances avez-vous commencé à kiffer ?
En tout cas, je profite de cet article pour vous remercier chaleureusement de la confiance que vous m’accordez et pour tout ce que vous m’apprenez sans vous en rendre compte pendant les cours. Je me sens très chanceuse de vous accompagner.
Le calendrier des cours est sur la page d’accueil, c’est par là pour réserver !